1 500 Km de nouvelles lignes ferroviaires pour le Sénégal

La vétusté des lignes ferroviaires du Sénégal constitue un véritable handicap économique pour le pays, non seulement au niveau national, mais aussi dans ses échanges avec les pays voisins tels que le Mali. Le régime en place, conscient du rôle stratégique de ces infrastructures, mobilise des financements pour relever ce secteur et envisage 1 500 km de nouvelles lignes ferroviaires d’ici 5 ans.

Portion du chemin de fer Dakar-Bamako

Portion du chemin de fer Dakar-Bamako


La relance des infrastructures ferroviaires est l’un des projets phares du Président Macky SALL, d’où la mise en œuvre du TER (Train Express Régional) reliant Dakar à l’aéroport international Blaise DIAGNE d’ici la fin de l’année 2018. Le Secrétaire d’État Abdou Néné SALL a annoncé dernièrement, que le Sénégal allait se doter d’un nouveau réseau ferroviaire de 1 520 Km pour un coût de 1 390 milliards de FCFA.


De l’avis de M. SALL « le réseau de chemin de fer sénégalais est très dégradé, il a été quasiment laissé à l’abandon. Conscient du rôle majeur que doit jouer ce secteur dans l’accroissement de la compétitivité de notre économie, le Président Macky SALL compte développer un réseau ferroviaire articulé autour d’un maillage du territoire adossé à des projets miniers et agricoles porteurs ou dédiés au désenclavement des régions de la Casamance et du Sénégal oriental ». En clair, ce projet consiste à moderniser les infrastructures ferroviaires entre Dakar et Thiès, à construire une double voie à écartement standard de la desserte de l’aéroport Blaise DIAGNE, une nouvelle voie ferroviaire structurante de 1 000 Km à écartement standard entre Dakar-Tambacounda-Kédougou-Kéniaba-Bamako.

«Ce qui permettra le transport des produits miniers ainsi que le raccordement de nouvelles lignes telles que Matam-Tambacounda et Ziguinchor-Tambacounda » ajoute le secrétaire d’État. Ainsi, les régions du Sud et du Nord du pays sortiront de leur état d’exclusion du train économique du pays, et le désenclavement de ces régions ne peut être que bénéfique pour le Sénégal car chacune d’elles peut participer, de par ses ressources naturelles, au développement.


La ligne actuelle Dakar-Tambacounda-Kidira-Bamako sera « entièrement réhabilitée » et selon Abdou Néné SALL « pour la mise en œuvre stratégique et opérationnelle du processus de relance du chemin de fer, une rencontre a eu lieu entre le Mali et le Sénégal et les partenaires techniques et financiers comme la Banque Mondiale (BM), la Banque Africaine de Développement (BAD), l’UEMOA Union Economique et Monétaire Ouest Africaine, l’Union Européenne (UE) ». La China Railway Construction Corporation International(CRCCI) s’est engagée dans les travaux de réhabilitation, et l’État sénégalais par le biais de sociétés locales contribuera à hauteur de 15% au financement.

Les travaux devraient générer 20 000 emplois selon un communiqué du ministère sénégalais des infrastructures. « Nous avons signé en décembre dernier un contrat avec la CRCCI pour la réhabilitation complète de la voie ferroviaire Dakar-Kidira pour un coût de 754 milliards de FCFA, financé par la Chine à un taux concessionnel de 2% avec une durée de remboursement de 30 ans. Les travaux vont durer 4 ans.


Concernant la ligne Dakar-Tambacounda-Kédougou-Kéniaba-Bamako, les études techniques et la mobilisation des financements pour sa réalisation devraient être achevées au plus tard en 2017 », explique M. SALL. Toujours selon le secrétaire d’État, une partie des besoins de financement du TER est prise en charge par le Sénégal à hauteur de 100 milliards. Le complément est assuré par les institutions internationales telles que la BAD, la Banque Islamique de Développement (BID) et l’Agence Française de Développement (AFD). Quant à la réalisation des autres projets le secrétaire affirme que les discussions sont en cours avec les partenaires, en vue de lever des financements innovants. L’état défectueux du chemin de fer Dakar-Bamako en plus des tracasseries douanières, avaient poussé les opérateurs maliens à se tourner vers le port d’Abidjan, créant ainsi un déficit de 3 000 tonnes de marchandises au Sénégal.


Si ce projet arrive à terme, le pays devrait réussir à combler ce fossé économique.

E. Marame FAYE





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