L’exercice de la profession d'architecte au Sénégal


Une oeuvre architecturale (DR)

Galvaudée, méconnue, voire usurpée, l’architecture ressemble trop souvent au Sud du Sahara, à un corps de métier dont le premier venu peut se prévaloir. Pourtant, l’exercice de la profession est soumis à réglementation, à l’instar de ses sœurs libérales telles que la médecine ou la comptabilité.


« Force est de constater qu’aujourd’hui à Cotonou, n’importe qui s’improvise architecte, technicien ou urbaniste ». Le constat de Romarick Atoké, architecte Béninois ayant fait des études au Japon et en France, est patent. Pour cet habitué des métropoles africaines, il n’est pas rare de voir des gens se réclamer architecte sans en avoir l’expertise, ni même les pré-requis. « Parce qu’il a peut-être une certaine pratique de la construction, le maçon par exemple, se fait passer pour un architecte auprès du client ».

D’ailleurs, la situation va bien au-delà de la capitale Béninoise, à en croire Mamour Touré, architecte Sénégalais fraîchement revenu de l’hexagone.

Mais bien que profession libérale, exercer l’architecture requiert de satisfaire à certaines dispositions législatives. Au Sénégal, c’est la loi n°78-44 du 6 juillet 1978 qui en fixe les modalités. Selon ce document, pour se prévaloir architecte, il faut :

  • être agréé par arrêté du ministre en charge de l’urbanisme sur proposition du conseil de l’ordre des architectes ;

  • avoir prêté serment devant le tribunal de première instance de Dakar ;

  • avoir contracté une assurance couvrant tous les risques résultant de sa responsabilité professionnelle dans des conditions fixées par décret ;

  • être inscrit à l’ordre des architectes.


La formation

Le cursus pour l’obtention du diplôme d’architecte peut se faire de deux manières. Soit en intégrant directement une école dédiée, soit en passant d’abord par un collège technique en génie civil. Dans ce cas, les aspirants sont obligés de poursuivre les études hors de leur pays, à cause notamment du nombre très faible d’écoles d’architecture en Afrique. Une fois à l’étranger, il est demandé aux étudiants de faire une équivalence. « En ce qui me concerne, j’ai dû reprendre ma formation depuis la première année pour un cursus de trois ans, bien qu’ayant obtenu un DUT (diplôme universitaire de technologie) à Dakar », se souvient Mamour Touré.

Bien que frustré par cet état de fait, il en reconnait après coup le bien fondé. « J’avais besoin d’un formatage intellectuel pour apprendre et exercer convenablement le métier. L’apprentissage de l’esquisse à la main m’a permis d’avoir un bon rapport avec les proportions », se réjouit-il.


C. Farid Akélé


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