Sénégal : Le Cereeq bientôt érigé en laboratoire national


La façade avant du Cereeq

Après plusieurs années de léthargie, le Centre expérimental de recherches et d’études pour l’équipement (Cereeq), est en pleine renaissance. Prochain objectif des autorités : faire de cette structure, un laboratoire national de référence pour le contrôle des matériaux de construction des bâtiments et des routes au Sénégal.


« Bien sûr que nous sommes capables. Sinon, les autorités ne nous auraient pas accompagnés ». C’est un directeur général très confiant qui s’exprime lorsque l'on évoque avec lui, les défis du Cereeq en qualité de prochain laboratoire national du Sénégal. Une décennie après la prise de fonction de Papa Goumbo Lô, l’État Sénégalais va doter sa structure de moyens législatifs conséquents pour être un organisme crédible de contrôle des matériaux utilisés dans les bâtiments et les routes sur tout le territoire national. Mais, les choses n’ont pas toujours été aussi simples.


A sa création en 1949 par la France, le Cereeq avait pour tâche de veiller à la reconstruction de l'Afrique occidentale française (AOF), après la deuxième guerre mondiale. Tombé sous la coupe du Sénégal au lendemain des indépendances, le centre a connu des moments difficiles au début des années 2000. « Jusqu’en 2006, l’État voulait vendre le Cereeq », se souvient son directeur général. Mais à force de plaidoyers, Papa Goumbo Lô a pu dissuader les autorités d’une telle décision. « Je leur ai dit que le Cereeq, c’est la souveraineté du Sénégal », renchérit-il.


Adoption d’une loi d’ici 2017

Depuis, l’idée d’ériger cette structure en laboratoire national a émergé. Un projet de loi est actuellement sur la table de l’Assemblée nationale dans ce cadre. Selon la première mouture du document, en tant que laboratoire national, le Cereeq va assurer entre autres :

  • la garantie de la bonne qualité d’exécution des gros œuvres

  • le pilotage des études d’utilité publique

  • le contrôle des laboratoires d’essai et d’études privés.


Le directeur général se veut optimiste quant à l’adoption du texte d’ici 2017. « Il n’y a pas de raison évidente pour que cela ne se réalise pas », s’enthousiasme-t-il, excluant l’éventualité d’un obstacle financier à la concrétisation d’un tel objectif. Selon Papa Goumbo Lô, le Cereeq peut s’autofinancer à travers un mécanisme déjà défini. « Les routes sont construites chaque jour un peu partout sur le territoire national. La recherche va impacter le BTP. Si chaque acteur du secteur met 3% de ses revenus de côté, cela fait d’énormes ressources pour le laboratoire national ».


Des projets novateurs

Au plan de la recherche technologique, le Cereeq est suffisamment avancé, à en croire son directeur général. Aux dires de ce dernier, le centre dispose de la carte géotechnique de l’ensemble du Sénégal, et est susceptible d’identifier le type de construction adaptée à chaque région selon la nature du sol.


Par ailleurs, un matériau pouvant être utilisé dans les zones inondées et les zones côtières, a été conçu à base de résidus d’ordures. Des projets de promotion de matériaux locaux pour des constructions à bas coûts, un mécanisme de protection des quais de pêches, sont déjà sur le bureau de Papa Goumbo Lô.


Quant aux laboratoires privés qui verraient dans cette mutation du Cereeq, une menace pour leur part de marché, le directeur général rassure : « Il ne s’agit pas d’une relation de confrontation, mais de régulation et de facilitation. La plupart des propriétaires de ces laboratoires sont partis du Cereeq ».


C. Farid Akélé


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