Sénégal : Le « pont de l’émergence » déjà en proie aux tags


En dessous du pont de l'émergence

Inauguré en grande pompe le 26 juillet dernier, le « pont de l’émergence » n’a pu garder son éclat pour longtemps. Graffitis et autres inscriptions faits tous azimuts, ont déjà déteint ses murs. Fresques ou frasques murales, le constat n’est pas inédit dans la capitale sénégalaise.


« Yoff soutient Macky ». Le « pont de l’émergence » situé au croisement de la route des Niayes et de l’autoroute Patte d’Oie-aéroport, ne porte pas que le message de l’émergence. Il transmet aussi des messages de soutien politique. Six mois après l’ouverture de l’infrastructure aux usagers, les bombes aérosols ont déjà sali ses murs.


Loin des tags ou fresques impressionnants et attirants sur certaines artères de Dakar – l’autoroute à péages, par exemple – les inscriptions jonchant de part et d’autres le pont de l’émergence, n’expriment pas l’art urbain. Appelé aussi « échangeur de l’émergence », ce pont est symbolique comme l’a clamé le président Macky Sall, lors de son inauguration. « C’est un édifice de plus à la hauteur de nos aspirations pour un Sénégal émergent », a-t-il déclaré. Mais ce symbolisme n’est visiblement pas pris en compte par les auteurs de ces écrits dénués d’esprit de création artistique, selon certains avis.

Œuvres d'amateurs

Pour Adama Thiam, étudiante en quatrième année d’art plastique à l’école nationale des arts de Dakar, ces œuvres sont faites par des amateurs. « A vu d’œil, on sait que ce n’est pas l’œuvre de professionnels », affirme-t-elle l’air rassuré. Quant à Diablo Rbs, artiste graffiti et street art, il plaide non coupable. Le jeune artiste indexe les partisans politiques et autres amateurs comme véritables auteurs de ces écrits. « Les artistes travaillent sur commande », ajoute-t-il.


Ex-pont « Sénégal 92 », le « pont de l’émergence » d’un coût de sept milliards de Francs CFA, est l’une des pistes importantes dans la desserte urbaine de Dakar. Il facilite le transport des populations des quartiers de Grand-Yoff, des Parcelles Assainies, de Guédiawaye et d’autres secteurs notamment la banlieue. Conçu par les ingénieurs de l’Ageroute et construit par la Compagnie sénégalaise des entreprises (CSE), l’ouvrage a une dimension stratégique dans le dispositif d’amélioration de la fluidité du trafic dans la capitale Sénégalaise.


Outre les affiches politiques et publicitaires, les tags pavoisent régulièrement le paysage routier dakarois. A travers, des leçons de civisme, des hommage à un personnage historique, culturel ou cultuel, les infrastructures routières communiquent à Dakar. Le «pont de l’émergence » n’y échappe pas.


Miguel Godonou





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