Gamdi Niang, DGA de BET+ : « Nous attendons que le Cereeq ait les moyens de ses ambitions »


Mouhamadou Gamdy Niang

Ingénieur doté de 19 années d’expérience, Gamdi Niang est un personnage important du monde des BTP au Sénégal. Diplômé de l’institut des sciences et de la terre, il a exercé dans plusieurs entreprises évoluant dans la géotechnique. Précédemment en service au Centre expérimental de recherches et d’études pour l’équipement (Cereeq), Gamdi Niang suit avec beaucoup d’intérêts, l’érection annoncée de cette structure en laboratoire national. Depuis ses locaux de Directeur général adjoint du Bureau d’études techniques plus (BET+) chargé du pôle aménagements, il livre pour Batiboom son regard, ses attentes et espoirs de cette mutation qui devrait directement impactée les laboratoires privés.


Batiboom : Que vous inspire la perspective de l’érection du Cereeq en laboratoire national ?


Gamdi Niang : Cela se comprend. Dans tous les pays du monde, il y a un laboratoire national chargé de piloter les projets d'envergure. En France, vous avez le Laboratoire central des ponts et chaussées (LCPC) ou l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifsttar). En synergie avec les privés, l’État s’appuie sur ces laboratoires de références pour travailler dans le domaine de la géotechnique et assurer l’expertise au niveau des grands projets.


Qu’attendez-vous alors du Cereeq si cela se concrétise ?


Étant donné que ce doit être un laboratoire de référence et accessoirement, le "grand-frère" des laboratoires privés évoluant dans la géotechnique, nous attendons qu’il ait les moyens de ses ambitions. C’est-à-dire : du matériel, de l’équipement, une ressource humaine qualifiée, afin d’être à la pointe des laboratoires privés.


Justement parlant de moyens, comment jugez-vous les capacités du Cereeq ?


Je préfère ne pas juger étant entendu que cela n’est pas mon rôle. Ce que j’attends, c’est que le laboratoire national qui sera chargé de nous organiser, soit assez outillé pour atteindre ses objectifs.


Pensez-vous le Cereeq capable de cela ?


Quand il y a les moyens de l’ambition, rien n’est impossible. Encore faudrait-il au préalable mettre en place tout le cadre nécessaire pour l’accomplissement de cette mission.


Le Cereeq laboratoire national, n’est-ce pas là une part de marché des laboratoires privés qui risque de s’éroder ?


Nous n’avons pas de crainte quant à cette part de marché. C’est ce qui fait le dynamisme de la profession. Nous sommes des chefs d’entreprise, confrontés chaque jour à la concurrence. Cela ne nous effraie pas. Au contraire, c’est grâce à la concurrence que nous évoluons. Les laboratoires privés sont peu nombreux aujourd’hui au Sénégal. Leur organisation ne devrait donc pas en principe, causer de difficultés. Le Sénégal est à l’heure de l’émergence avec plein de projets qui sortent de terre. De ce point de vue, l’État a toujours besoin de l’expertise des laboratoires privés.


Quelle autre opportunité revêt selon vous, l’érection prochaine du Cereeq en laboratoire national du Sénégal ?


C’est bien d’avoir une structure de référence qui puisse permettre la classification. Parce qu’il y a un sérieux problème d’organisation de la profession. Il y a plusieurs laboratoires privés mais les moyens et les tailles ne sont pas les mêmes.


Concernant les appels d’offre, les consultations restreintes par exemple, il y a souvent des problèmes. Nous essayons entre nous de les régler, mais ce serait une bonne chose que le Cereeq puisse atteindre ses objectifs et mener à bien cette mission qui va lui être confiée. J’espère que ce projet auquel j’avais activement participé au démarrage dans les années 2000, en tant qu’ingénieur du Cereeq, arrivera à terme. Mon souhait est que ce projet qui nous tenait beaucoup à cœur aboutisse.


C. Farid Akélé

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