Tout sur la réglementation du fer à béton au Sénégal


Du fer à béton prélevé pour des contrôles de conformité

Matériau essentiel dans la construction des bâtiments, le fer à béton fait l’objet de spéculations en tout genre sur le marché sénégalais. Cette situation a contraint les autorités à la prise d’un arrêté interministériel afin de mieux réglementer le secteur.


« L’année 2016 aura été une année charnière pour le secteur du fer à béton au Sénégal ». Alioune Sarr, ministre du commerce a des motifs de satisfaction. Depuis le 28 février 2016, le Sénégal dispose d’une réglementation sur le fer à béton. Selon la norme NS 02035 en vigueur, ce matériau dispose des caractéristiques mécaniques, métrologiques et physiques. « Cette norme étant volumineuse, le Sénégal a estimé qu’il faut en rendre la quintessence obligatoire afin de limiter les contraintes pour les usagers. C’est ce qui a été fait dans l’arrêté portant réglementation du fer », fait savoir Ibrahima Sarr, commissaires aux enquêtes économiques et chef de division de la métrologie à la direction du commerce intérieure.


L’essentiel de réglementation

Selon la nouvelle réglementation, le fer à béton commercialisable au Sénégal doit être de diamètre normalisé entre : 6, 8, 10, 12, 14, 16, 20, 25, 32, 40 millimètres avec 12 mètres de longueur. Cette caractéristique doit être inscrite sur le produit avec le logo de l’importateur ou du producteur, afin d’en permettre la traçabilité par les agents de contrôle.


Par ailleurs, le distributeur du fer doit également marquer son produit en conséquence, de manière à le rendre visible pour le consommateur. Car, note Ibrahima Sarr, « les Sénégalais se sont trop faits abusés, aussi bien sur la qualité que sur la quantité du fer à béton qui leur est vendu ». Une étude menée par la direction du commerce intérieure recense ces deux types d’infractions à la réglementation comme les plus récurrentes sur le marché.


Ibrahima Sarr


Contrôle mécanique

Outre les caractéristiques physiques, des contrôles mécaniques sont désormais nécessaires avant toute commercialisation du fer à béton au Sénégal. Il s’agit aux dires d’Ibrahima Sarr, des essais d’élasticité et de pliage. Cela consiste à vérifier la résistance du fer, soit en le pliant, soit en le tirant. « Tous ces essais sont effectués en amont par des laboratoires agréés par la direction du commerce intérieure », poursuit le chef de la division de la métrologie. D’autre part, une déclaration d’importation et d’exportation est requise par la direction du commerce afin d’avoir un œil sur les différents acteurs du fer à béton au Sénégal.


Impact perceptible

Quelques mois seulement après l’entrée en vigueur de la réglementation, son impact est déjà perceptible sur le marché. Outre des saisies de fers non conformes chiffrées à plus de 140 Millions de francs CFA à Dakar et dans les régions, la grille des prix a également changé. De 160 000 francs CFA avant la réglementation, la tonne de fer est passée à 340 000 francs CFA actuellement. Selon Ibrahima Sarr, ce gap est une preuve de la tromperie dont les consommateurs étaient victimes. « Ce sont 450 kg qui étaient prétendument vendus comme la tonne. Les prix n’ont pas flambé mais nous sommes revenus à une orthodoxie en matière de qualité et de quantité. Cela implique forcément une incidence sur les prix », ajoute-t-il.


Un comité de suivi a été mis en place pour s’assurer du respect de cette réglementation. Il a pour défi de veiller à l’application de ce nouveau texte sur le long terme au Sénégal. A contrario de nombreux pays de la sous région - tel le Bénin - où ce type de réforme a fait long feu.


C. Farid Akélé


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