Les bâtiments construits en Afrique sont-ils confortables ?


Batiboom: Les bâtiments construits en Afrique sont-ils confortables ?


Chaleur, humidité, consommation d’énergie… de quoi parle-t-on vraiment quand on évoque le confort des bâtiments africains ? On vous dit tout !!!


Le confort thermique

Ne pas avoir trop froid, ne pas avoir trop chaud, ne pas sentir de courants d’air gênants… Ainsi, pourrait-on essayer de définir le confort thermique.

Le confort thermique est une sensation de bien-être lorsqu'on est exposé à une ambiance intérieure. Il ne dépend pas exclusivement de la température, mais également des conditions d'humidité de l'air intérieur, des éventuels courants d'air, du niveau de respirabilité de l'air ou de qualité d'air intérieure (QAI) mais aussi et surtout de la zone climatique.


La température, à elle seule, dépend d'une température résultante sèche, sorte de moyenne des températures intérieures et rayonnées par les différents corps et parois.

Finalement, il est plus aisé de le définir en précisant ce qui crée de l’inconfort.

Le corps humain échange en permanence de la chaleur avec son environnement immédiat.


Ces échanges se font suivant plusieurs mécanismes distincts :

  • Par rayonnement : rayonnements infrarouges entre le corps et les parois.

  • Par conduction : contact direct entre le corps et les parois

  • Par convection : échanges de chaleur entre le corps et l’air ambiant.

  • Par évaporation : la transpiration, en s’évaporant, rafraîchit la surface de la peau.


Bâtiments, énergie, confort en Afrique

Au cours de la période du XIXe siècle, les Africains sont entrés en contact avec les styles et les matériaux de construction du monde occidental.

L’administration coloniale avait des besoins en bâtiments pour les administrations et le résidentiel et a trouvé un style d’habitat et d’architecture non adapté à son style de vie.


Ainsi, dans sa quête de modernité, le bâtiment africain s'est malheureusement coupé de sa tradition bioclimatique séculaire, pour faire place à des constructions dont la plupart sont mal adaptées aux climats chauds, thermiquement inconfortables et énergivores.


Ainsi, face à ce climat chaud et aux constructions inadaptées, l’homme cherche à trouver le confort thermique (la fraicheur) correspondant à ses moyens (allant du simple ventilateur au climatiseur de dernière génération).

En effet, 30% de la production totale d’électricité en Afrique de l’Ouest sont consommés par les bâtiments (tertiaires et résidentiels).

La climatisation des bâtiments publics et privés du secteur tertiaire en Afrique subsaharienne consomme entre 250 et 450 kWh/m2 climatisé par an selon le nombre d’étages.


Dans le domaine résidentiel, vu le coût élevé d’acquisition d’un climatiseur (entre 150 000 FCFA et 200 000 FCFA) on assiste beaucoup plus à l’utilisation des ventilateurs et brasseurs d’air plutôt qu’aux climatiseurs.


Ces derniers ont vu leur utilisation accroitre ces dernières années avec l’émergence d’une certaine classe moyenne.


En parallèle, les systèmes de climatisation, de ventilation et de conditionnement d’air (CVCA) représentent 50 à 70% de la consommation d’électricité des bâtiments.

Avec plus d’un milliard d’habitants, l’Afrique est le second continent le plus peuplé après l’Asie, mais a un taux de croissance démographique près de deux fois supérieur (2,5% par an). Les statistiques estiment que la population du continent devrait atteindre les 2 milliards en 2050.


En plus, l’Afrique est confrontée à des problèmes d’approvisionnement énergétique ainsi qu’à un déficit d’accès à l’électricité pour une part importante de sa population.

La demande en énergie devrait s’accroitre considérablement avec l’urbanisation. Elle pourrait par exemple, être multipliée par cinq d’ici 2030 et par douze d’ici 2050 dans les pays de la Coopération Économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).


Le taux d’accès à l’électricité à l’horizon 2030 pour l’ensemble du continent ne dépasserait pas 43%, malgré une production électrique accrue de 1 000 TWh entre 2008 et 2030.


Il faut souligner que les économies africaines restent, à l’heure actuelle, très dépendantes des énergies fossiles, notamment du pétrole.


Et pourtant si on remonte dans le temps, on voit bien que nos ancêtres avaient su développer des techniques de constructions bioclimatiques qui leur ont permis d’affronter des climats parfois extrêmes.


Conscients de cela, certains États africains, avec l’aide d’organisations internationales (IFDD¹, ONU HABITAT, PROGRAMME DES NATIONS UNIS POUR L’ENVIRONNEMENT), ont commencé à mettre en place de nouvelles lois sur la construction en y intégrant les aspects climatiques, les notions d’efficacité énergétique dans le bâtiment et pour d’autres pays, ils en sont au stade de réflexion.


Par ailleurs, la bonne nouvelle, c'est qu'il est encore temps de faire mieux : d'après ONU-Habitat, 80 % des bâtiments qui seront habités en 2050 ne sont pas encore construits.


Alors n’est-il pas temps que l’on révolutionne notre architecture et nos techniques de construction ?


M. KANTE

Visuel de Une ©Pyxabay

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