L’autoroute à péage, un pas vers la modernisation du réseau routier sénégalais

L’autoroute à péage est bien en phase avec la politique de renforcement et de modernisation du réseau routier national. Il a servi à expérimenter pour la première fois au Sénégal un système de péage et d’exploitation conçu dans le respect des standards internationaux.


Batiboom: L’autoroute à péage, un pas vers la modernisation du réseau routier sénégalais




















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Son tracé, de par sa position stratégique, parallèlement à la RN1 lui confère un rôle structurant manifeste dans l’amélioration de la mobilité urbaine et par l’émergence de nouveaux quartiers tout au long.


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Source : Apix


Sur un autre plan, le Projet d’Autoroute à péage a introduit une innovation majeure dans la politique des infrastructures au Sénégal, en ce qu’il ouvre de nouvelles perspectives de gestion efficace des projets en laissant une large part aux compétences du Privé permettant ainsi à l’Etat de se concentrer sur les missions qu’il maîtrise le mieux.


Etant le premier projet PPP (Partenariat Public Privé) développé au Sénégal dans le domaine des infrastructures, des questions ont effectivement été soulevées quant aux conditions contractuelles régissant le Contrat signé entre l’Etat et le concessionnaire : le Groupe EIFFAGE.


En effet, dans le cadre du PPP de l’autoroute à péage, l’Opérateur privé est chargé d’une mission globale de conception, financement, construction et d’exploitation de l’infrastructure sur une période de 30 ans.

Le Contrat PPP de l’autoroute à péage de Dakar – Diamniadio signé entre l’Etat et le Groupe EIFFAGE porte sur des coûts d’investissement qui s’élèvent à 148.4 milliards de F CFA.


En effet, le tronçon concerné par le PPP est celui de : Pikine-Diamniadio et par la suite celui de Diamniadio – AIBD.

Son plan de financement est assuré d’une part, par l’Etat du Sénégal avec l’appui de partenaires techniques et financiers. Et d’autre part, par le concessionnaire Eiffage avec l’appui de ses partenaires comme résumé dans la figure ci-dessous.



Source : Apix



Pour bien marquer son caractère de projet urbain intégré, l’autoroute à péage a permis de réaliser une composante publique qui couvre essentiellement :

  • la libération des emprises et la construction de la zone de recasement de Tivaouane Peulh

  • la restructuration urbaine des quartiers de Pikine Irrégulier Sud,

  • des projets corollaires environnementaux.

La figure ci-après résume la répartition du financement par origine, tronçon et composante.





Batiboom: Répartition du fincament de l'autoroute par origine...

Source : Apix



Les motivations pour le recours au Partenariat Public Privé (PPP)


Le Contrat de concession du projet de l’autoroute à péage a été passé sous l’égide de la Loi 2004-13 du 1er mars 2004 relative aux contrats de construction-exploitation-transfert d’infrastructures (CET) de 2004.


Cette Loi est venue renforcer l’arsenal juridique du Sénégal pour permettre la réalisation de projets d’infrastructures suivant une formule de financement en Partenariat Public-Privé (PPP).


Il faut rappeler que le PPP est un mécanisme qui permet à l’Etat de transférer au privé le risque important lié à la préservation de la qualité de nos infrastructures routières. Si l’on considère l’insuffisance des ressources budgétaires affectées à l’entretien routier (60 milliards de francs CFA en 2018) pour un total d’environ 4 500 km de routes revêtues, ce qui est souvent à l’origine de la dégradation prématurée des routes, on mesure tout le bénéfice tiré de cette disposition du contrat de l’autoroute à péage consistant à confier au Privé l’obligation d’assurer en continu la préservation des caractéristiques initiales du projet en se conformant à un contrat de performance avec des indicateurs de suivi qui l’engagent contractuellement.


C’est dire donc que le montage du projet d’autoroute à péage en PPP, introduit une innovation majeure dans la politique des infrastructures au Sénégal, en ce qu’il ouvre de nouvelles perspectives de gestion efficace des projets en laissant une large part aux compétences du Privé permettant ainsi à l’Etat de se concentrer sur les missions qu’il maîtrise le mieux.


Le recours au PPP permet d’accélérer la réalisation de projets prioritaires que l’Etat n’aurait pu financer seul, dans les délais souhaités.

Quels sont les avantages et les inconvénients de ce type de partenariat ?

Quelles en sont les limites ?


Autant de questions auxquelles les réponses permettraient d’apprécier cette première expérience en PPP et de se dire s’il serait envisageable qu’elle soit dupliquée pour d’autres projets étatiques ?


Mohamed KANTE

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