PPP : Quesaco


Batiboom: Partenariats Publics-Privés

Le sigle PPP (Partenariat Public Privé) est de plus en plus employé mais savez-vous vraiment de quoi il s’agit ? Quelles sont les conséquences des PPP pour les pays africains et leurs citoyens ? Quelles sont les principales raisons de l’échec d’un PPP ? Notre expert vous dit tout !


La faiblesse des infrastructures en Afrique a des répercussions humaines, directes et indirectes, importantes et constitue un frein au développement des entreprises.

Bien que cela ne soit pas explicitement inclus dans les objectifs de développement du Millénaire (à l’exception de l’accès à l’eau et à l’assainissement), le développement des infrastructures contribue incontestablement à leur réalisation.

Des études ont révélé que le prix à payer pour entreprendre en Afrique est 30% plus élevé que dans n’importe quelle autre région du monde. Les coûts indirects y contribuant à hauteur de 20 à 30 %.

Plusieurs composantes contribuent à ces coûts, tels qu’une législation économique pesante et des systèmes juridiques fragiles.


La déficience des infrastructures en est cependant une dimension substantielle, et notamment l’énergie, responsable pour un tiers des coûts indirects.

Aussi, selon une récente étude de l’OCDE, les besoins mondiaux d’investissements dans les infrastructures s’élèvent à 40 000 Md€ d’ici à 2040.

Face à la rareté des deniers publics, le financement de ces besoins apparaît comme un fardeau, voire une gageure.


Ainsi, les entreprises privées apparaissent comme des partenaires incontournables, alors que les États sont handicapés dans leurs capacités d’intervention par des dettes contractées depuis des décennies.

Les secteurs public et privé ont l’opportunité de créer les conditions de partenariats renforcés, afin que la vocation de service d’intérêt général de l’un bénéficie des moyens financiers et techniques de l’autre.


Qu'est-ce que le PPP (partenariat public-privé) ? Le partenariat public-privé (PPP) permet à une collectivité publique de confier à une entreprise privée un projet global.

L’entreprise a pour mission de concevoir, financer et réaliser une prestation ou un ouvrage de service public et d’en assurer ensuite la maintenance et la gestion.

Le cadre temporel est défini et un paiement, échelonné dans le temps, est effectué par l’entité publique.

Le PPP offre une approche différente pour financer et gérer des projets d’utilité publique.

Ainsi le secteur public n’achète plus un bien, mais un service, celui-ci va de la conception à la maintenance, en passant par le financement, la construction et l’exploitation.

En échange, le secteur public (état ou collectivité territoriale) paie des annuités financières (loyer, subvention, recettes versées par les utilisateurs, etc.) dès la fin de la construction, lorsque les ouvrages sont totalement réceptionnés.

Un des principes clés d’un PPP est la durée. En effet, un PPP s’inscrit généralement dans le long terme, au moins 25 ans.

Les risques inhérents au projet sont portés par l’entité la plus à même de les contrôler et de les mesurer. Une bonne répartition des responsabilités est donc primordiale pour un PPP réussi.


Les avantages du PPP pour les pays Africains

Le partenariat avec le secteur privé présente de nombreux avantages non négligeables pour les États.

Ceux-ci se désendettent et contribuent à enrayer les dérives budgétaires héritées du passé.

Ils transfèrent les risques et la responsabilité des investissements vers le secteur privé, tout en garantissant l’augmentation de la valeur résiduelle du patrimoine public grâce à un entretien régulier. Toutefois, une bonne répartition de ces risques est donc la clé de voute d’un PPP réussi.

En plus d’augmenter la satisfaction de la demande publique pour des services gouvernementaux efficaces et le financement de projets par des opérateurs privés, les PPP présentent les avantages d’une efficacité accrue (en termes de technologie ou de gouvernance), d’une réduction du niveau d’incertitude liés au partage de coûts entre partenaires publics et privés.

À travers la promotion de partenariats novateurs et l’instauration d’un dialogue sectoriel, les PPP permettent ainsi de compenser les carences dans la gestion des services, de renforcer les capacités de programmation et de contractualisation des pouvoirs publics et de contribuer à l’autonomie financière des collectivités locales et des entreprises publiques, tout en favorisant l’intégration régionale.

À plus long terme et au-delà de la promotion d’un environnement favorable aux infrastructures, les PPP créent des opportunités d’emploi, contribuent à la réduction de la pauvreté, à la croissance économique, et in fine, au développement des pays qui en bénéficient.


De leur côté, les acteurs privés s’engagent à transférer leurs pratiques commerciales réglementaires et opérationnelles aux projets du service public.

Les projets bénéficient donc d’une expertise privée et d’une forte implication de ses acteurs dans un objectif de rendement, sans négliger les obligations du service public. Ces obligations sont par ailleurs définies dans des cahiers des charges précis, entre autres sur les tarifs, et un arbitre indépendant officie afin de garantir à moindre coût les standards élevés de qualité de service public.

Par ailleurs, le recours au secteur privé permet également de réaliser des projets nécessaires pour répondre aux évolutions fondamentales des sociétés contemporaines, comme la prise en compte des normes environnementales.

Le recours aux PPP permet une optimisation des coûts et des délais de réalisation, mais surtout la mise en œuvre de compétences diverses et spécialisées selon les acteurs sollicités.

Les acteurs privés, par le professionnalisme de leur personnel, leurs études approfondies et leurs moyens financiers, semblent donc les plus à même de maîtriser les investissements et parvenir à une meilleure efficacité par le respect des normes réglementaires et des impondérables financiers.


Les inconvénients du PPP pour les pays Africains…

Des obstacles, dont certains sont inhérents aux économies d’Afrique subsaharienne, sont susceptibles de compromettre le succès des PPP

Les PPP ne constituent pas une formule magique face au manque de fonds publics. De sérieuses contraintes existent actuellement dans de nombreux pays, ce qui rend difficile la mise en œuvre des projets.

Si l’absence de compétences techniques à même de gérer les programmes et projets de PPP constitue un premier handicap, la plupart des difficultés liées aux PPP reflètent plus globalement les défis à relever a priori pour tout entrepreneur en Afrique : risque politique, incertitude juridique, manque de transparence.

L’instabilité politique et civile, ou tout simplement le manque de volonté politique, sont en mesure de compromettre la réussite des projets.

Les investisseurs possèdent encore souvent, et peut-être parfois à tort, une perception défavorable des pays (risque politique).

La corruption demeure un facteur d’échec des projets, eu égard à la très longue relation qui se tisse entre l’État, les banques et les sponsors (risque institutionnel).

En outre, les PPP peuvent donner lieu à d’éventuelles distorsions de la concurrence pendant les processus d’appels d’offre et les négociations qui s’ensuivent.

La récupération des coûts n’est pas toujours garantie à long terme (risque économique).

Enfin, les marchés de petite taille, ainsi que l’absence d’infrastructures financières sont dissuasifs pour certains promoteurs (risque financier).

Le poids de l’Afrique dans les échanges commerciaux et l’investissement au plan mondial demeure encore relativement limité.

Les PPP nécessitent un cadre juridique solide et une bonne gouvernance des organismes publics. Ceux-ci doivent jouer un rôle clé pour assurer un équilibre optimal entre la protection de l'utilisateur final et l'attractivité du projet.

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