Campus social de l'UCAD : Des fissures dans les nouveaux pavillons

A moins d’une année d’utilisation, les pavillons T, U et V sont déjà dans leur plus mauvais état. Après le problème de stagnation de l’eau dans les toilettes, des fissures sont constatées au niveau des rez-de-chaussée. Une situation que digère mal l’ensemble des étudiants.


L’apparence est trompeuse. Cela se confirme à l’intérieur de quelques bâtiments où logent les étudiants sur le campus social de Dakar. De leurs aspects attrayants et rutilants, il est difficile d’imaginer que les pavillons T, U et V, ouverts aux étudiants en mai 2016 seulement, deviennent une source de crainte pour leurs locataires.


La salle télé du pavillon T reçoit plus de monde prévu en cette période de la Coupe d’Afrique des Nations. Les soirées de match y sont animées par les cris des étudiantes. En dehors de cette liesse, celles-ci craignent le pire pour leur lieu de résidence. Car, son « gros ouvrage » est atteint par des fissures.


A plusieurs endroits, de larges fentes s’imposent sur la structure. Mariama Thiam, étudiante en deuxième année de physique-Chimie (PC) se rappelle : « à cause des toilettes, de l’eau des toilettes suintait du plafond. Maintenant, ce sont des fissures ». Dans les deux autres pavillons occupés par les hommes, le rez-de-chaussée est notamment attribué aux handicapés. Cela amplifie l'inquiétude des étudiants. Unanimement, ils évoquent la responsabilité du Centre des Oeuvres universitaires de Dakar (Coud).

Sous contrôle

Installés à côté du terrain de football du Dakar Université Club (Duc), ces bâtiments de couleur gris-orange, s’imposent au cœur du plus grand campus universitaire du Sénégal. Pour M. Ndoye Abdou, chef service logement du Coud, la situation est « sous contrôle ». « Le Coud ne construit pas. Il reçoit. Pour ces pavillons, nous avons seulement réceptionné. C’est l’Agence des constructions des bâtiments et édifices publics (Acbep) qui a conduit le projet jusqu’à son terme », rappelle-t-il. Toutefois, il adoucit le ton et promet des interventions pour éviter le pire.


Le problème majeur dans ces nouveaux pavillons étaient l’absence de bouche de sol d’évacuation dans les toilettes. Les 14 toilettes à raison de 4 sur tous les étages ne possédaient pas de circuit d’évacuation mais des aspirateurs d’humidité. Une solution a été trouvée depuis l'année dernière, confié El Hadji Mohamed Seydi, chef de résidence. Locataire de la chambre 2T, Fama Lô, pagne nouée autour de sa forme svelte et chevelure tressée confie : « Je fais partie des premières personnes à loger. Au départ, je prenais même des selfies (photographie prise par le sujet lui-même) dans les toilettes mais après, c’est devenu n’importe quoi » s’offusque-t-elle.


Inauguré par le président Macky Sall, le 31 juillet 2015, ces pavillons sont destinés a priori, aux nouveaux bacheliers. D'une capacité de 1044 lits, le « clandotage » (NDLR, le surnombre) y est formellement interdit selon certains responsables. Chaque chambre possède 3 lits superposables, 6 armoires, 2 chaises et une large table au-dessus de laquelle se trouvent quelques placards.


Miguel Godonou



![endif]--

A lire également