Kenya - Ethiopie : HRW s’inquiète des ouvrages hydrauliques construits sur la vallée de l’Omo

Source de subsistance pour plusieurs communautés indigènes du Kenya et de l’Ethiopie, la vallée de l’Omo - et singulièrement le lac Turkana - est menacée par les nombreux barrages érigés à ses alentours. Les organisations internationales des droits humains, s’alarment.


« La chute du niveau de l’eau du lac Turkana au Kenya, suite à la construction de barrages et l’irrigation des champs agricoles dans la basse vallée de l’Omo en Ethiopie, menace les moyens de subsistance d’un demi-million d’autochtones aussi bien en Ethiopie qu’au Kenya ». Human Rights Watch (HRW) a à nouveau, tiré sur la sonnette d’alarme quant à la situation du plus grand lac permanent en milieu désertique.


A travers une sortie effectuée ce mardi à Nairobi, l’organisation internationale de défense des droits humains a appelé les deux pays à prendre la mesure des conséquences des travaux d’aménagement en cours sur le lac. HRW fait observer que ce site est une zone de reproduction des poissons et un endroit de prédilection des pêcheurs installés sur ses rives.


En effet depuis plusieurs années, de nombreux travaux hydrauliques sont engagés sur ce lac désertique, le plus grand au monde au monde avec la vallée. Le plus inquiétant pour les tribus jouissant du lac reste le "barrage GIBE III", inauguré en décembre dernier par l’Ethiopie. Haut de 243 mètres, ce barrage électrique est l’un des plus importants au monde et devrait booster de 1870 mégawatts, la capacité énergétique d’Addis-Abéba.


Patrimoine en péril


Mais cette infrastructure suscite un tollé depuis son annonce. En dehors de la menace écologique qu’il représente pour l’environnement, ses détracteurs craignent un bouleversement de la vie de centaines de milliers de personnes vivant en aval jusqu’au lac.


Une situation qui n’émousse manifestement pas les ardeurs de l’Etat éthiopien, décidé à atteindre l’autosuffisance en énergie électrique. Puisque d’autres projets hydrauliques devraient intervenir sur le lac Turkana dans les prochaines années. Au grand dam de HRW et ses sœurs de défenses des droits humains.


Citant un rapport du département américain d’agriculture, celle-ci fait savoir ce mardi que le niveau de l’eau du lac Turkana a baissé d’environ 1,5 mètre depuis janvier 2015. Un péril pour l’ensemble de la vallée de l’Omo, classée au patrimoine mondiale de l’Unesco depuis 1997.


C. Farid Akélé





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