La centrale de Sendou en service dans les prochains mois

La Société nationale d’électricité (Senelec) affirme que les travaux de la centrale à charbon de Sendou seront achevés cette année, après le retard constaté sur le chantier.

D'une capacité de 125 mégawatts, la centrale de Sendou sera mise en service dans le prochains mois selon les explications du directeur des grands projets de production de la Senelec, Issa Dione. Démarrés en 2013, les travaux de la centrale ont connu divers soubresauts. Après deux ans, ces travaux ont été interrompus en mars 2015, avant de reprendre en janvier 2016.


Décriée par les populations autochtones à cause des « risques avérées de problèmes environnementaux », la centrale est un maillon important du Plan Sénégal émergent (PSE). En effet, elle devrait contribuer au renforcement de la banque d’énergie électrique au pays de la Teranga. Installée à Bargny, près de Rufisque (sud de Dakar), elle fournira le cinquième de la capacité électrique actuelle du pays selon les données du maître d’œuvre, la Compagnie d’électricité du Sénégal (CES).


Court-circuit financier


Le coût total du chantier étant chiffré à 200 millions d’euros, les travaux de génie civil de l’infrastructure ont été exécutés à hauteur de 25% « malgré les difficultés financières ». En s’exprimant sur le sujet en septembre dernier, Issa Dione informait que le retard des travaux s’explique par la réticence des bailleurs de fonds du projet, comme la Banque africaine de développement (BAD) ou la Banque ouest-africaine de développement (BOAD). Ces instituons estiment insuffisants le développement du projet au niveau écologique.


Les difficultés de ses deux actionnaires, le suédois Nykomb, spécialiste des énergies renouvelables et l’investisseur marocain Advisory Finance Group (AFG) ont également compliqué le montage financier de la centrale. AFG, novice dans le financement de centrales électriques au charbon, a aussi jeté l'éponge en juillet 2015 en vendant pour 22 millions d’euros l’intégralité de ses 50 % dans le projet au groupe Quantum, propriété du magnat israélien Idan Ofer.


Miguel Godonou


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