Les heurs d'une femme dans le BTP

Il est des métiers que les usages voudraient catégoriser comme étant ceux des hommes. Le secteur du BTP n’échappe pas à cette réalité. Quand elles s’y hasardent, les femmes doivent faire face à plusieurs pesanteurs sociales. Comme le révèle Fanta Mbodji, ingénieur-géotechnicienne au CSE depuis 2009.


« Sur le terrain, les hommes ont tendance à nous protéger plutôt que de nous mettre de côté », affirme-t-elle. Pour cette dernière, « être femme dans le BTP est plus un avantage qu’un inconvénient ».


Toutefois, en Afrique, les sociétés patriarcales faites de conservatisme ont parfois tendance a inhibé l’élan de la femme dans certains milieux. « Au début, le manque de confiance en soi que je dégageais conduisait les hommes à ne pas me faire confiance », avoue Fanta Mbodji.


Quand en est-il du quotidien au travail ? Être une femme dans un secteur comme celui de la géotechnique suppose une débauche d’énergie régulière, des charges physiques, etc. « C’est très dur », répond Fanta Mbodji avec un brin de sourire. Elle indique que plus la femme avance dans le métier (l’ingénierie), plus elle doit se dépasser physiquement. Il n’est pas toujours simple d’arpenter le bitume sur des kilomètres parfois en plein soleil, bouger un peu partout sur les chantiers et trouver un temps à consacrer à sa famille.


« Il faut bien mesurer l’impact. Parce que ce n’est pas simple d’allier sa vie de famille à celle du travail », conseille-t-elle, révélant avoir travaillé de nombreuses fois à des heures indues. Dernier conseil de Fanta Mbodji à l'endroit de ses sœurs : « il ne faudrait pas s’engager dans ce milieu parce que vous voudriez relever le défi de faire un travail traditionnellement réservé aux hommes. C'est très difficile, surtout dans le contexte sénégalais ».


C. Farid AKELE

A lire également